L'inconnue. Une parmi tant d'autres. Un nom de plus sur le registre. Une fiche quelconque dans un tas. Une autre voiture sur la route. Juste.
L'inconnue. Tous les jours nous croisons des gens dans la rue. Tous les jours nous croisons des gens dans des voitures. Tous les jours certaines personnes nous inscrivent. Que l'on soit "le con qui ne sait pas rouler", "l'andouille qui ne sait pas remplir une fiche" ou "le taré qui roule à vélo sur les trottoirs", nous ne sommes qu'un numéro, un nom emprunté à une bouche qui le prête à tant de gens, nous ne sommes qu'un sur près de sept milliards. Se rapproché de quelqu'un, c'est accepté de mettre des pensées réfléchies, des mots d'aveniret plus tard, de passé sur quelqu'un, d'instaurer une relation avec un inconnu. Peut-être vous suis-je inconnue. Peut-être me l'êtes-vous aussi. Connaître c'est faire une personne de plus dans son esprit, se dire "je reconnais cette voiture, cette écriture". Connaître c'est soustraire une personne de l'ombre. De l'ombre de son égoïsme. Connaître c'est s'épanouir, épanouir l'autre, ne plus penser qu'a soi. Connaître c'est vivre, aider, rire, pleurer, dormir, manger, en pensant à quelqu'un. Dans une famille, dans une classe, dans un service, dans une rue, on ne connaît que quelques personnes. Les autre sont transparentes. Certaines personnes font parler d'elle, se font connaître, se font survivre on transmettant leur savoir. D'autre se dévoile, dévoile leur vie. Et se donne l'illusion d'être connu. Mais la plupart restent chez eux, dans leur maison, leur quartier, leur chambre d'hôtel, dans leur cercle fermés de connaissances. Surtout ne pas se mélanger. Que certains gardent l'anonymat. Surtout. Parfois, on rencontre. Alors on se dit que la vie nous à mis devant ce quelqu'un pour quelque chose. Quelque chose. Ils nous faut une raison. Toujours, le pragmatisme, rarement la curiosité. Et on continue, on continu notre chemin, notre vie, monotonie pathétique d'action soporifiques. On continue à traverser un carrefour en regardant si "la voiture bleue" nous laisse passé, on continue à attribuer la seconde place "au numéro 269", on continue à aller voir ses amies, parfois on coupent les ponts, une étoile de plus perdue dans le noir de la nuit. Heureusement, certains cherche la connaissance, le savoir, le brisement de la monotonie. Certains cherchent te nouveau, l'aventure. Certains n'ont pas peur de la différence. Certains compatissent, aident, aiment les inconnues.
Oh ! j'aimerai tellement faire partie de ces gens là. Tellement refaire le monde. Tellement faire de la pauvreté un mauvais cauchemar et de la cupidité une mauvaise blague.
Mais non. On ne refait pas le monde, on ne refait pas les gens. Par contre, on peut se refaire, se modifier, réfléchir. Partir à la reconquête de soi. On peut devenir quelqu'un d'autre mais pas laisser tomber ses valeurs. On peut accepter la différence. Sourire de ce patchwork. Ne plus laisser de côté, avec dédain, les niais, les moches, les homosexuels, chacun a une intolérances pour quelqu'un. On peut. Je vous le promet. On peut.
UN JOUR, je pourrais me penser magnifique, sans orgueil, je pourrais me regarder avec admiration, regarder tout le chemin que j'ai parcouru avec envie. Avec envie pour la grande personne que je serais devenu. Non pas grande par son physique, son argent ou son intelligence, mais grande par son âme.
"Pour devenir ce que je suis, je me suis appliquer à être ce que j'étais" dixit moi, archange [dêchu ?] d'un autre ciel.
Eh bah moi, D'ABORD, que j'vais VIVRE ma vie, pas la GAGNER !